Citations

Montréal 1995 - Fin de la série noire
Malgré des prouesses maintes fois soulignées, Jean Alesi n'avait jamais connu une réussite proportionnelle aux éloges qu'il suscitait. Depuis cinq ans qu'il était chez Ferrari, la Scuderia n'avait gagné qu'ue seule fois grâce à un chanceux Berger en 1994 à Hockenheim. Le français courait toujours après son premier succès. Cette année encore, la malchance ne le quittait pas. A Barcelone, il roulait ferrière la Benetton de Schumacher. Damon Hill ne menaçait pas sa deuxième place. Mais elle lui échappa quand même: une infime fuite d'huile provoquant une fumée suspecte. Après 26 tours, le mal était irrémédiable. Dépité, Alesi n'avait plus qu'à ranger sa machine blessée à mort au bord de la piste.

A Monaco, il s'était de nouveau distingué... derrière l'inamovible Schmacher. Une fois de plus, Hill se tenait tout près. Mais ayant encore un ravitaillement à effectuer, sa Williams n'était pas plus menaçante qu'en Espagne pour l'avignonnais. La deuxième place qui lui avait échappé précédemment lui semblait offerte. Sur le point de lui céder un tour de retard, la Ligier de Brundle lui résistait. L'anglais finirait bien par s'incliner comme il s'était incliné devant Schumacher... Soudain, il perdit le contrôle de sa monoplace bleue. Dix mètres derrière, Alesi n'eut pas le temps de réagir. Sa Ferrari s'écrasa dans les barrières.

A Montréal, il roulait encore seul à la poursuite de la sempiternelle Benetton-Renault de Schumacher. Dès le premier virage, il avait débordé Herbert, puis Berger. L'objectif suivant était Damon Hill dont la Williams le précédait de 50 mètres. Ecart qu'il réduisit inexorablement. Quinze tours plus tard, profitant d'une hésitation de l'anglais, Jean se hissa à son niveau. A 280 km/h, ils fonçaient vers l'épingle. Beau joueur, Hill résista à l'assault du français en respectant le code de conduite qui faisait déjà l'honneur de son champion du monde de père, Graham Hill: à qui freinerait le plus tard, sans couper la route à l'autre. Duel bref mais intense dont Alesi sortit vainqueur.

Le Grand Prix du Canada sembla alors se stabiliser sur la hiérarchie Schumacher-Alesi-Hill. Elle avait tout d'un podium. Pourtant... Schumacher ne ralentissait-il pas au cours de ce 58ème tour? L'allemand comptait 32 secondes d'avance qui ne firent bientôt plus rien, quand la Benetton numéro 1 s'arrêta devant son stand. Une image qu'Alesi réussit à saisir sur les grands écrans jalonnant le circuit : il était premier. Le jour même de son aniversaire. Avec ce fameux numéro 27 dont tant d'admirateurs de Gilles Villeneuve lui avait dit qu'il finirait par lui porter bonheur! Alesi triomphait enfin. C'était son tour.

Johnny Rives.

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