"Dès que j'ai commencé à lire les albums de Jean Graton, je me suis identifié à Michel Vaillant. Ce qui me semble normal. Je retrouvais dans les bandes dessinées de Jean Graton tous les éléments qui constituaient mon univers : le sport automobile, des liens familiaux très forts, un frère aîné plus sage, un père qui travaille dans l'automobile... La transposition était donc facile... Mon père tenait une carrosserie et participait à des courses automobiles tous les dimanches, en rallye ou en course de côte. Ma mère, mon frère José et moi, étions bien entendu ses premiers supporters. Finalement les Vaillant, c'étaient un peu des Alesi du Nord... Moi, j'étais Michel, et José, mon frère aîné de deux ans, était Jean-Pierre.
Comme j'aimais beaucoup les voitures, leurs forme mais aussi leur mécanique, j'étais émerveillé par la précision des dessins de Jean Graton. La vérité de son trait m'enchantait. Mais surtout, dans les albums de Michel Vaillant, les pilotes étaient exactement tels que je les imaginais dans mes rêves d'enfant : ils se montraient courageux, loyaux et élégants en toutes circonstances. Des seigneurs! Mais quand j'ai débuté en Kart à l'âge de 16 ans, j'ai vite compris que les pilotes n'étaient pas aussi chevaleresques que dans Michel Vaillant, que Jean Graton avait rêvé tout autant que moi le sport automobile idéalisé qu'il décrit dans ses albums.
Mais je crois que l'auteur des bandes déssinées a eu raison... Il faut toujours savoir faire rêver les enfants. Tintin leur donne envie de voyager. Moi, Michel Vaillant m'a donné envie de devenir pilote."
Jean Alesi.