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Jean ALESI, Un pas en avant en matière de sécurité - Le soir - 1999
Jean Alesi est le pilote le plus expérimenté du plateau 1999. Il évoque l'évolution de la F1 au cours de la décennie écoulée.

Une voiture de location file à grande vitesse sur la piste de l'Albert Park. Trop vite aux termes de la législation locale qui limite la vitesse à 70Km / h. Une telle infraction ne laisse pas insensible la police locale qui intercepte le contrevenant. En fait, deux passgers occupent le véhicule : Jean Alesi et Giancarlo Fisichella . Ce n'est qu'après verification de leur identité auprès du poste central que les deux compères purent continuer leur route sans être inquiétés.

Jean Alesi a beau être le pilote le plus expérimenté du plateau avec 151 GP à son actif qu'il n'est pas nécessairement connu par tout le monde. Pourtant il entame cette année sa onzième saison de F1, il est donc le mieux placé pour juger de l'évolution de la discipline au cours de la décennie. Dix années au cours desquelles les quatre derniers champions du monde furent autant de pilotes différents. La voiture fait-elle donc le larron ?

Bien entendu, acquiesce le Français. Mais vous ne devez pas oublier qu'il y a aussi eu un changement de générations. Après la disparition d'Ayrton Senna, on s'est retrouvés lors de notre première réunion des pilotes sans un seul champion du Monde. IL y a donc eu une véritable période de transition. Maintenant les choses sont un peu assises, mais une nouvelle échelle des valeurs est établie.

Mais si les champions ont leur place, les jeunes ont, eux, semble-t-il, de plus en plus de difficultés à trouver le chemin de la F1.

Jean : Quelle que soit l'époque, cela n'a jamais été aisé. En revanche, quand des jeunes débarquent maintenant dasn la discipline, je les trouve mieux préparés. La première fois que j'ai conduit une F1, je n'avais jamais fait le moindre tour et j'étais physiquement limite. Aujourd'hui, ils ont du répondant en ce domaine car ce sont des pilotes essayeurs ou parce qu'ils ont de bons contrats avec de grosses voitures comme en GT.

Est-ce parce qu'ils sont mieux préparés physiquement qu'ils semblent aussi plus agressifs ?

Jean : Je ne les trouve pas plus agressifs. Tous les incidents, je les mettrais plutôt sur le compte d'erreurs de jeunesse. A l'époque, quand il y avait Mansell et Senna, on avait l'impression que c'était deux gamins de 15 ans en piste alors que Mansell en avait 38. NOn qu'il y ait de la fougue chez les jeunes, c'est une bonne chose.

Une fougue qu'il convient peut-être de canaliser. Le pilote le plus expérimenté du plateau estime-t-il avoir un rôle à jouer en ce domaine ?

Jean : Pas quand ils arrivent en F1, mais bien durant les GP. Ma façon de me comporter, de vivre la course, c'est forcement en essayant de leur donner le bon exemple.

Travailler la sécurité autour des circuits

Si ce n'est pas au rayon des individus qu'il convient de chercher le grand chambardement survenu en 10 ans de F1, dans quel domaine doit-on le trouver ?

Jean : Dans le travail pour la sécurité autour des circuits et sur les voitures. L'évolution est énorme. Aujourd'hui, on ne se rend même plus compte de la sécurité qui règne sur les circuits parce qu'on y va tout le temps. En revanche, quand on est sur un tracé qui ne fait plus partie du championnat du Monde, cela peut effrayer. La dernière fois que j'ai été au Castellet, j'ai vraiment pris peur : le rail est bas et les bacs à gravier sont quasiment inexistants.

Ce qui n'est pas inexistant, en revanche, c'est la presse. La médiatisation autour de la F1 s'est considérablement accrue.

Jean : Je l'ai suivie mais pas subie car je n'ai jamais été dérangé par cela. La profession de journaliste automobile est devenue de plus en plus pointue. Le journaliste "charlot" n'existe plus car il n'a pas le temps d'ariiver qu'il est déjà "mort". En fait, tout est devenu beaucoup plus professionnel en F1 et on s'en rend surtout compte quand on fait autre chose. Evidemment, je ne veux pas comparer la F1 et les 24 H de Chamonix. Mais, à cette, les rapports avec le directeur de course étaient à mourir de rire. C'était à celui qui criait le plus fort qui avait raison. C'est dans de telles circonstances qu'on se rend compte que la F1 est vraiment au-dessus du lot.

Prise de risques

Jean Alesi en parle en connaissance de cause puisqu'il a participé cette année à la course de CHamonix. Or, c'est aujourd'hui un fait rarissime de voir des pilotes de F1 participer à des épreuves d'uen autre discipline. Est-ce interdit par contrat ?

Jean : Non, c'est seulement une question de compatibilité. J'ai pu aller à Chamonix car Subers n'a pas de constructeur qui l'équipe en moteurs pas plus que de cigarettier comme sponsor. Mias je ne crois pas qu'il existe des interdits. Le Mans, en revanche, c'est différent. C'est une prise de risques énorme.

Une prise de riques que tout pilote de F1 connaît dans son milieu. Jean Alesi a ainsi été le premier pilote auteur d'une sortie de route cette saison.

Etienne Pairoux.

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