Jean Alesi, à 34 ans est reconnu de tout le monde de la Formule 1. En 1984 il débutait sa première saison de moniteur de l'Ecole de Conduite sur Glace du Circuit du Grépon. Jean Alesi revient sur une MEGA en compagnie de son ami Philippe Gache et Jean-Marc Gounon pour participer à la 20ème édition des 24 Heures, avec toute sa générosité et nous livre ses souvenirs sur le Circuit du Grépon.
24 News : A quand remonte votre première aventure avec les 24 Heures sur Glace?
Jean Alesi : Ma première aventure a commencé avec le circuit du Grépon en 1984. J'étais moniteur, renfort à l'école de conduite sur glace. Ensuite j'ai fait deux saisons complètes comme moniteur avec Philippe Gache et Eric Arpin.
24 News : et votre première participation aux 24 Heures?
Jean Alesi : La première fois c'était en 1985. C'était super sympa. J'étais moniteur avec Gache et Arpin, et pour clore la saison, on s'était inscrit dans le Master du Mont-Blanc. Je me souviens de la lutte. J'étais sur une Citroën visa. Eric était sur une Peugeot 104 ZS et Philippe sur une 205. On s'était bien amusé. C'est cette année-là que j'avais gagné devant Eric et Philippe avait fait 4ème.
24 News : C'est votre meilleur souvenir des 24 Heures?
Jean Alesi : Non, je crois que mon meilleur souvenir, c'est en 1990. Je venais de rentrer en F1 chez Tyrell. Je suis venu à Chamonix pour piloter avec Eric une Peugeot 205 Turbo 16. On était loin d'être favoris. Mais on était déchaîné. On a fini 2èmes, mais quelle course. Gache avait été sorti, et avec Eric on était comme des lions. Seulement au passage au stand, on perdait toujours le temps qu'on gagnait sur le circuit au changement de roues. Mais quelle folie, et on s'est battu pour la première place jusqu'au dernier moment.
24 News : Que représente réellement les 24 Heures pour vous?
Jean Alesi : Je suis heureux que cette course soit montée crescendo, et c'est génial d'avoir pu suivre l'évolution des 24 Heures. Ca me fait plaisir de voir Franz et son équipe réussir. Même si je n'ai pas toujours participé aux courses, j'ai toujours suivi la manifestation. Quand j'étais chez FERRARI, c'était difficile de trouver de solutions pour que je puisse piloter, mais ça ne m'empêchait pas de venir voir quand c'était possible.
Et puis c'est aussi une histoire d'amitié. Avec Philippe Gache, on se connaît depuis qu'on est enfant. Et on s'est toujours suivi.
24 News : Et c'est la raison de votre présence à Chamonix cette année?
Jean Alesi : Tout d'abord, mon emploi du temps avec SAUBER s'est bien combiné. Puis il y a deux raisons. La première raison, c'est de pouvoir faire la course avec un ami, Philippe Gache. Et la deuxième, c'est de réussir avec Franz, à aider concrètement l'association E.B.A.E qui s'occupe des enfants atteints d'Epidermolyse Bulleuse. En temps que parrain, je veux pouvoir faire parler de cette maladie et récolter des fonds qui seront reversés à la recherche pour trouver le moyen de soigner les enfants atteints d'Epidermolyse Bulleuse. C'est une maladie génétique de la peau peu connue mais qui a des conséquences insupportables. L'épidermolyse Bulleuse signifie étymologiquement "fonte de l'épiderme" c'est une maladie très grave, héréditaire, non contagieuse. Elle a pour conséquence des formes mutilantes des extrémités accompagnée de douleurs insupportables, empêchant la cicatrisation.
Puis elle s'étend sur tout le corps. Personnellement je n'ai pas de solutions, mais si ma notoriété peut servir, aider et contribuer à trouver un remède. Alors c'est sans compter que je resterai dévoué.
24 News : Vous pilotez des Formules 1 d'habitude, quelles sont vos impressions en vous retrouvant à nouveau sur la glace?
Jean Alesi : Ca n'a rien à voir avec la F1. C'est une autre planète. Aujourd'hui les voitures sont pointues. Il y a eu une sacrée évolution. Maintenant, les pilotes qui suivent les circuits de glace sont hyper pro. Donc je ne peux plus venir me joindre à une course sans faire des essais. Je vais courir dans le Team MEGA avec Philippe et Jean-Marc Gounon. Aux 1ers essais, Philippe m'a expliqué des trucs sur la voiture. Avec lui, je suis allé plus vite à me remettre dans le bain et je pense qu'on devrait pouvoir être dans le coup. En plus je trouve que la voiture est géniale. Elle a un patinage énorme. Je me suis tout de suite senti très bien dans la voiture. Je suis vraiment content.
24 News : Retrouvez-vous des sensations en F1 comme sur glace?
Jean Alesi : Oui, le feeling de la glisse. Je retrouve ce feeling aussi bien sur un circuit de glace à 80 km/h qu'à 240 km/h en F1 sous la pluie.
24 News : Alors vous vous sentez prêt pour cette 20ème édition des 24 Heures?
Jean Alesi : Absolument, je suis ravi. Maintenant, La veille des 24 Heures, j'ai deux jours d'essais en F1, je prends l'avion et je saute dans la MEGA quand j'arrive. Il va falloir que je fasse attention aux repères, histoire de ne pas mélanger les volants !
24 News : Un commentaire particulier pour cette 20ème édition?
Jean Alesi : Oui, je trouve formidable d'avoir quelqu'un comme Franz dans une ville. Moi qui suis de l'extérieur, je lui tire mon chapeau. Il pousse pour sa ville. Si je compare avec Avignon, pour moi c'est plus facile, j'ai tous les avignonnais derrière moi. Si Chamonix pouvait chouchouter Franz, ce serait bien. Parce qu'en fait, Franz, même sans le Mont-Blanc, il y arriverait. Je trouve beau d'avoir quelqu'un qui travaille pour sa ville comme Franz."
Isabelle Dureux.